Category Archives: Explorations

Random Memories

Jusqu’à quel point est-on influencé ? Jusqu’à quel point notre imaginaire est-il lié à celui d’autrui ? On passe finalement plus de temps à réinventer, réadapter, sans toujours être conscient des choses qui ont formé notre goût, notre univers intérieur. Dévider ensuite le fil, remonter le temps, retrouver les correspondances est assez amusant, souvent surprenant.

Récemment, j’ai revu les six « Star Wars », dont les trois premiers qui m’avaient tellement emballée à leur sortie (j’avais alors l’âge qu’il fallait avoir pour adorer ces films). Les progrès en images de synthèse et en effets spéciaux ont été tels depuis que ces trois épisodes de la série, malgré leurs ajouts numériques ultérieurs, ont quand même vieilli. Un jour, on leur trouvera probablement le charme que l’on trouve aux films où officiait Ray Harryhausen, le pionnier des monstres animés des années 1950. Peu importe, je craque toujours pour R2D2 et C3PO, ainsi que pour toutes les trouvailles, vaisseaux spatiaux et personnages secondaires qui font le sel de cette double trilogie, et je ne parle même pas de Darth Vador. Mais bon, C3PO est définitivement un cousin direct de la femme robot de « Metropolis », ce que je n’avais pas vu jadis, et qui, pourtant, crève les yeux.

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La cuillerée qui tue

Y’a des moments où on n’a plus tellement envie de l’ouvrir. Pas qu’on soit enfin content de son sort – au contraire même, puisque tout continue à aller de traviole dans tous les domaines – mais parce qu’on ne sait plus très bien par quel bout prendre l’espèce d’énorme pelote de connerie humaine qui nous enserre chaque jour un peu plus.

C’est fatiguant de se dépatouiller de tout ça, de chercher sans arrêt le bout d’un truc qui n’en finit pas de s’embrouiller, surtout quand ce qui nous aidait encore un peu il y a quelques années, c’est-à-dire les cervelles des gens qui œuvraient vaillamment à clarifier les choses, nous lâche en cours de route – ou, pire encore, nous ligote un peu plus.

C’est ça, le problème du règne de la quantité sur la qualité. 40 Unes de journaux mêlées sur les dieudonneries des uns, et 40 autres sur les frasques sexuelles d’un gars qui, tout juste arrivé à l’Elysée, aurait demandé à l’huissier qui lui faisait visiter les lieux par où sortir sans être vu, ça vous assomme un être intelligent pour un bon mois, sinon plus. Comment voulez-vous, ensuite, vous intéresser aux événements vraiment importants, soit tout ce qui, autrefois, faisait à juste titre la Une des journaux, et qui est maintenant relégué en tout petit en page 12, entre une pub pour shampoing et la critique dithyrambique d’une mauvaise comédie ?

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Tout se mérite !

Bon, d’abord, avant même de discuter de ce titre qui, en lui-même, pourrait renvoyer à toute la montagne de déchets mentaux sous laquelle nous sommes étouffés en ce moment (écartez, punchez, respirez !) malgré nos pelles, nos pioches et notre volonté de fer, une belle et bonne nouvelle : « Bois sans soif », le premier roman de François Perrin, est enfin sorti. Inutile de vous préciser que je me suis ruée dessus et que j’ai déjà commencé à le humer, ainsi qu’on le fait d’un grand cru. D’abord parce que j’aime François Perrin depuis qu’on s’est rencontrés – virtuellement, puis en vrai – il y a six ans, époque où j’ai commencé à le lire sur le web, puis sur Strictement-Confidentiel. Ensuite parce que j’adore faire du copinage quand mes grands copains (on ne dit plus « amis » depuis FB, c’est dévoyé à donf’) ont du talent. Et lui, il en a un paquet, d’ailleurs Jaenada le dit lui-même très joliment en préface, et Jaenada, c’est pas rien, je te prie de le croire.

« Bois sans soif » (Editions rue Fromentin), ou la vocation du zinc, devant, parfois dessous, et surtout derrière. Vous trouverez l’auteur ici (cliquez), ou vous ne l’y trouverez pas, selon ses humeurs. (PS : Je ne sais pas pourquoi, d’autant que je n’ai pas encore lu le livre, mais je ne peux m’empêcher, soudain, de penser à Jacques Perret et à son « Vent dans les voiles », géniale et si drôle histoire de bar devenu navire une fois baissé le rideau d’acier… Perrin, Perret… Bizarre, bizarre, non ? … Vive le vent.)

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Playing for change

Interlude…

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Des ronds et du son

Type : Rider, image du jeu conçu par Cosmografik, alias Théo Le Du Fuente

Mardi soir, dans le but me requinquer d’une semaine précédente grevée de deux nuits blanches à trimer, je suis allée explorer en ligne les 5 premiers niveaux de « Type : Rider », le premier jeu d’Arte. J’avais eu l’oreille alertée (et l’œil irrésistiblement attiré) par les annonces de la chaîne. J’adore la typographie ; j’ai jadis étudié son histoire en cours de dessin et, hasard mystérieux, je sortais tout juste d’une petite création de police de caractères très 1930-40 pour un projet destiné à Hermès. Donc je plonge, et merveille, je savoure le jeu, sa finesse, son intelligence, sa musique et sa beauté graphique. Lorsque je relève le nez, Paris dort à poings fermés, la Tour Eiffel est éteinte, et j’ai la tête pleine d’images et d’idées.

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L’appel de l’Esprit

« Bloque ton ouverture, ferme ta porte, émousse ton tranchant, dénoue tout écheveau, fusionne toutes les lumières, unifie toutes poussières, c’est là l’identité suprême. » Lao-Tseu, Taö-Tö King

Félix Vallotton, Derniers Rayons, 1911 (Musée des beaux Arts, Quimper)

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Hors-zone

Marooned pirate, illustration d’Howard Pyle

L’autre jour, ma passion avouée pour les corsaires et les pirates (valeur dite « de gauche ») m’a poussée à acheter le dernier « Figaro – Histoire » (journal dit « de droite ») qui leur est, en partie, consacré. J’y ai également trouvé un dossier sur Malte (ordre de chevalerie « de droite » selon la tradition), un autre sur Rocamadour, un troisième sur l’expo « Hérode le Grand » du Musée d’Israël de Jérusalem, et un dernier sur Guédelon, le fameux château-fort que des passionnés d’archéologie construisent à l’ancienne, en Puisaye, près de Saint-Sauveur. Bref, rien que des articles que j’avais envie de lire – je n’ai d’ailleurs pas fini d’éplucher ce numéro. En rentrant, j’ai rigolé et je me suis dit : « Ça y est, ma poule, tu achètes ce genre de journal, t’es « de droite » selon les critères en vigueur en ce moment… » Et puis j’ai mis la plaisanterie de côté, et j’ai cogité.

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Valses (manuelles) and one Rag

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Gamer Blues

Question jeux vidéo, malgré la qualité des œuvres qui sortent, je suis quand même assez frustrée depuis dix ans. J’adore des jeux (anciens, maintenant) comme « Anno 1404 » (Ubisoft), j’en ai déjà parlé ici. Leur graphisme épatant me régale, mais au bout d’un moment, je m’ennuie, je piétine et je recommence tout à zéro, ce même si les choses se déroulent bien. Pareil pour « Skyrim », cette absolue merveille. Y jouer est formidable, mais j’aimerais quand même aussi pouvoir sortir un doigt de pied d’une ville sans avoir à combattre toutes les deux minutes dragons, morts vivants, bandits ou araignées géantes. Au bout d’un moment, ça lasse, la castagne. Du coup, je me suis arrêtée au niveau 40, et je ne sais pas quand je le reprendrai. Là, je viens de m’offrir « L.A. Noire », jeu apparemment plus centré sur les enquêtes (et avec du jazz en n’d’dans). Le graphisme est beau, L.A dans les années 1940 me botte bien. On verra, je ne l’ai pas encore commencé.

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The soul of Otis…

Charles Bradley. Voilà un sacré soulman que je ne connaissais pas il y a peu. Merci à mon frère et à Jean-Michel Proust de me l’avoir souligné en rouge comme l’héritier direct du grand Otis Redding, avec du James Brown en n’d’dans.

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Bonnelle et Foglino

Bonnelle et Foglino ? Non, non, ce ne sont pas deux gangsters de la France des années 1950, mais deux écrivains d’aujourd’hui, deux Bernard qui travaillent d’arrache-pied à raconter de belles histoires et dont les livres, récemment sortis, m’ont enchantée, alors je vous en touche un mot.

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Dioramas et miniatures

Une des œuvres de la série « Street Vitrine », par Benjamin Affagard, alias Come

En général, chercher de la documentation sur le web est une aventure qui me fait trouver mille choses que je ne cherchais pas. Un peu comme quand je classe mes bibliothèques : ça commence toujours bien, et puis en plein milieu, j’ouvre un bouquin et je me mets à le relire, et je pars sur un sentier de traverse hyper long, ce qui fait que trois jours plus tard, j’y suis encore, assise par terre au milieu de la poussière, à rechercher le nom d’un dessinateur oublié ou à éplucher les titres de la Noire.

Là, j’étais partie, il y a une semaine, étudier les façades des immeubles de Paris, et au bout de quelques clics, je suis tombée sur cette jolie photo ci-dessus. Intriguée, j’ai regardé le petit film sympa qui va avec (cliquez sur la photo, vous atterrirez sur le site), et ça y était, j’étais projetée vers un ailleurs que j’adore depuis l’enfance : l’univers des dioramas et des maquettes.

Après cette vidéo, je me suis mise à chercher les orfèvres du tout petit, ceux qui, allant au-delà du simple diorama, réussissent à en faire un art à part entière.  Voilà trois d’entre eux.

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Pâles Buster, pale butlers

L’affaire Guéant me paraît, vue de loin, en zappant chaque jour d’un titre du Monde à l’autre histoire de rester un peu au courant des événements du pays des zombies, une sorte de gag récurrent. D’abord, de Une en Une, la trombine pas marrante de l’ancien ministre apparaît, tournée à gauche, à droite ou de trois-quarts ou de profil, pendant qu’il entre dans un ministère ou qu’il sort d’une chancellerie. À cause de ces changements systématiques de vues qui, de jour en jour, donnent la fausse impression que l’enquête avance, ce visage toujours fermé me fait vaguement songer à celui de Buster Keaton, imperturbable malgré toutes les catastrophes qui tombent sur lui. Hier, ça a fini par me fait rire, d’autant que les justifications diverses des sommes trouvées sont présentées à une telle vitesse et dans une telle incohérence que le bombardement des titres devient lui aussi comique. Ce n’est pas seulement, au fond, de la faute de l’intéressé. On dirait surtout que les journalistes, mis en bouche par l’affaire Cahuzac, ont hâte de croquer maintenant un peu dans la chair de la droite, en oubliant qu’il serait bienvenu de leur part de vraiment taper à droite, et de continuer de creuser du côté du FN pour mettre en lumière les vilains secrets de toute cette smala prompte à copiner avec qui voudra pour placer du fric en Suisse.

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