Category Archives: Grimoire

Vilhelm Hammershoi (1864-1916)

A la demande de Patrick V., je reposte ici un court article que j’avais écrit sur Hammershoi. C’est bien, parce que cela m’a fait m’apercevoir que pendant que je trimais au fond de ma mine et négligeais ce site, celui-ci était doucettement hacké (je dis « doucettement » parce que le hacker n’a pas trop foutu le bazar dans mes petits posts, ce dont je le remercie au passage). J’ai évidemment changé mon mot de passe et j’espère ne plus avoir de souci par la suite. On verra… :)

 

Vilhelm Hammershoi (1864 – 1916). Danois, fils d’un marchand aisé, Hammershoi fit ses études à l’Académie Royale de Copenhague, puis il suivit l’enseignement du peintre symboliste Peter Severin Kroyer. Comme lui, il fut en partie influencé par les impressionnistes français, et il réalisa nombre de toiles en extérieur. Le public de son époque privilégia cependant ses scènes intimistes – il peint inlassablement sa demeure, et sa femme Ida, très souvent vue de dos, lui sert de modèle principal.

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Le temps de Ferdinand Hodler (1853-1918)

Portrait de Berthe Jacques, future femme de Ferdinand Hodler, 1892, Hodler.

C’est par ce portrait, remarquable de simplicité, d’équilibre et de beauté, que j’ai un jour découvert Hodler et son univers. Ci-dessous, quelques-uns de ses autoportraits. Ce grand admirateur de Courbet ne pouvait bien entendu pas éviter cet exercice ; sa répétition met en lumière toute sa quête graphique. Hodler cherchait et s’amusait en s’étudiant au fil des années, nous (dé)peignant à travers lui, jouant avec son apparence autant qu’avec les lignes et les couleurs. Aujourd’hui, au fil de son désir d’harmonie, ses yeux intelligents plongent toujours dans les nôtres, nous intimant sans doute l’ordre malicieux non plus de voir, mais d’apprendre, comme il l’a fait en son temps, à regarder.

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Edouard Detaille (1848-1912)

Charge de hussards, étude, 1891

Jean Baptiste Edouard Detaille avait 34 ans de plus que Newell Convers Wyeth, dont j’ai déjà parlé ici. Je les rapproche dans ce post car, bien que l’un ait été un peintre officiel et l’autre un illustrateur de génie, leurs univers se croisent à la faveur de leur grande virtuosité, et d’une certaine parenté graphique. La différence réside dans les choix qu’ils ont faits. Wyeth, qui voulait être peintre, a raconté l’histoire rêvée de son pays aux enfants de son temps. Né dans une famille de militaires, militaire lui-même durant la guerre de 70, Detaille est devenu un peintre d’histoire académique célébré par ses contemporains. Même issues de son atelier, ses œuvres, inspirées d’événements souvent vécus, sont les ancêtres des photos des grands reporters de guerre d’aujourd’hui.

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Ludwig Hohlwein (1874–1949)

Né à Wiesbaden, Hohlwein est l’un des plus grands affichistes allemands du début du 20ème siècle. D’une famille aisée, il étudie d’abord l’architecture et le dessin, devient assistant à l’Académie de Dresde, puis voyage un temps en Europe avant de revenir s’installer à Munich pour se lancer, à partir de 1904, dans l’illustration publicitaire.

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Edward S. Curtis (1868-1952)

Navajo Chief, E.S.Curtis

Entre 1907 et 1930 parut, aux Etats-Unis, la plus grande encyclopédie consacrée aux peuples natifs du continent Nord-Américain. Elle était signée d’Edward S. Curtis, photographe et ethnologue alors à l’apogée de sa carrière. Chacun des vingt volumes de son énorme travail était accompagné d’un portfolio séparé contenant à peu près trente-six photogravures d’une qualité remarquable. John Pierpont Morgan, magnat des chemins de fer et financier de cette entreprise culturelle d’un nouveau genre, avait voulu que ces ouvrages soient les plus beaux du monde. Ils l’étaient en effet, et aussi complets et précis que possible. Pourtant, cette encyclopédie ne se vendit qu’à 272 exemplaires : l’époque, malgré le soutien et l’intérêt de certains, comme celui du président Théodore Roosevelt, ne se préoccupait guère de savoir qui étaient, au-delà de leur sauvagerie apparente et de leurs rites incompréhensibles, les premiers habitants d’un pays alors tout entier tourné vers le progrès technique et l’avenir…

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Samivel (1907-1992)

Samivel, « Les Malheurs d’Ysengrin », Delagrave – édition de 1939

Né Paul Gayet-Tancrède, le dessinateur Samivel a été l’un des tous premiers illustrateurs que j’ai aimés. Je me revois, plongée des après-midi entières dans son univers, au long de pages qui, ça se devinait à leur usure, avaient enchanté mes propres parents quand ils étaient eux-mêmes petits. D’abord ce pauvre Ysengrin, dont je plaignais les misères et le ventre creux, puis François de France, avec ses lignes pures, et ses détails précis qui me ravissaient. D’autres encore ensuite, du « Voyage de Monsieur Dumollet » à « Sous l’œil des choucas » (l’un de ses premiers livres), qui tout en ayant un peu vieilli, reste un classique du dessin d’humour d’avant guerre.

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N.C. Wyeth (1882-1945)

Méconnaître Newell Convers Wyeth, c’est méconnaître l’un des plus grands illustrateurs Américains de la fin de l’Âge d’or de l’illustration occidentale, l’une des locomotives fabuleuses à laquelle s’accrochèrent ensuite les beaux wagons des débuts de la bande dessinée. Ses illustrations sont depuis devenues des classiques (notamment celles décrivant l’univers des pirates) et vous avez probablement déjà vu quelques uns de ses travaux sans le savoir.

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Harold Foster (1892 -1982)

Il y a dans les dessins d’Harold Foster des cadrages et un sens de l’espace qui m’ont toujours stupéfiée. Outre ses encres somptueuses (je recommande d’acheter ses œuvres en noir et blanc plutôt que les versions colorisées), l’homme était un expert en dessin animalier et en anatomie (il a dessiné quatre aventures de Tarzan durant les années 1930 avant que Burne – prononcez « Beurn » – Hogarth, autre grand dessinateur, lui succède), un visionnaire raffiné et un sacré conteur, puisqu’il maîtrisa à la perfection le déroulement de l’épopée de Valiant, son jeune prince de Thulé devenu chevalier de la Table Ronde.
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Léon Spilliaert (1881-1946)

« Femme de profil », Léon Spilliaert, 1907

Exposé en 2008 à Orsay, l’artiste belge Léon Spilliaert fut entre autres un contemporain de Munch, d’Ensor, de Maeterlinck et de Vuillard. Au-delà du symbolisme, son œuvre se rapproche beaucoup de celle d’Edward Hopper : à travers leurs perspectives étranges, leurs paysages à la fois réalistes et fantastiques, leurs villes-décors labyrinthiques, leurs bords de mer crépusculaires,  ces deux-là parlent finalement des mêmes choses.

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Hiroshige (1797-1858), la neige et le feu

C’est toujours assez difficile, quand on n’y connaît pas grand-chose, de distinguer un auteur d’estampes Japonaises d’un autre, de ne pas confondre leurs styles, et de retracer leur histoire. Sur le plan des dates, disons juste qu’Hiroshige (1797-1858*) naît trente-sept ans après Hokusai (1760-1849*), ce génie dont l’œuvre prolifique a chevauché la fin du dix-huitième et le début du dix-neuvième siècle. Dans les faits, Hiroshige, non moins génial, devint célèbre au Japon en éditant en 1833 (trois ans après la parution des fameuses « Trente-six vues du Mont Fuji » d’Hokusai) ce qui est toujours considéré comme son chef-d’œuvre et qui est en tout cas son œuvre la plus connue, « Les cinquante-trois étapes de la route de Tokaido », série imprimée à plus de 10.000 exemplaires en premier tirage. Hiroshige a alors trente-six ans (et Hokusai en a déjà soixante-treize).

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Ivan Bilibin (1876-1942)

Non, décidément, Hergé n’a pas inventé la ligne claire. Je vous avais déjà touché un mot d’Edmond Dulac, je vous parlerai sans doute un de ces quatre d’Arthur Rackham, d’Aubrey Beardsley le Magnifique et de Wyeth le Pirate, mais voici d’abord Ivan Bilibin, l’un des maîtres de cette confrérie chatoyante et passionnée.

Attaché à l’Art Nouveau, Bilibin appartient à ce qu’on appelle « l’Age d’or de l’Illustration », période faste située entre 1880 et 1920 durant laquelle oeuvrèrent tous ces génies du pinceau. A leur manière, ces artistes retrouvèrent l’art de l’enluminure, que ce soit dans la façon d’aborder d’un trait de velours de vastes scènes de combat, ou d’orner, souvent avec des détails pleins d’humour, les encadrements de leurs dessins. Comme eux, Bilibin sut rénover et remettre en vogue les contes traditionnels, de Grimm à Perrault en passant par Pushkin, Les Mille et Une Nuits, les Fables de La Fontaine ou les mythes Grecs.

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Le silence d’Edward Hopper

Compartiment C, voiture 193, 1930

De tous les peintres dont j’ai vu les œuvres, celui qui me touche le plus est et reste Edward Hopper. Peut-être parce que chacune de ses toiles raconte une histoire ; peut-être aussi parce qu’aucune n’est véritablement ce qu’elle semble. Un observateur distrait dirait de son travail : « Voilà un homme qui, témoin de son époque, peint des villes, des paysages, des maisons ou des rues remplies de gens affairés ou songeurs. » Un observateur attentif se rendra compte que les rues sont presque désertes, les appartements étroits comme des boîtes, les maisons quasiment toujours isolées, abandonnées au temps et à la lumière. Quant aux sujets animés des œuvres, on les voit soit coincés entre des murs, soit confrontés à une nature immense, indifférente, un paysage dont on ressent la toute puissance, certes domptée pour quelque temps, mais prompte à se rapprocher, à enserrer et à menacer d’engloutir à nouveau le monde rectiligne et technique issu du cerveau humain.

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