Category Archives: Grumbleries

Anno 2013

Anno 1404, vue du port d’un joueur

Comme on ne voit toujours pas, dans les médias dits « mainstream », d’articles de fond analysant objectivement la situation de la Grèce (mais ce pays n’existe plus dans nos ploutocraties), je lis toujours avec ferveur l’excellent blog Greek Crisis de l’historien ethnologue Panagiotis Grigoriou. En Grèce donc, la troïka financière, ce pouvoir non élu soi-disant compétent (?), est en train de découvrir avec surprise ce que Roosevelt avait compris en son temps, et que tous les économistes connaissant leur sujet (pas les guignols politiques ou télévisuels ploutocrates, donc) prédisent depuis 2008, soit :

Pratiquer l’austérité à don’f, baisser les salaires à don’f et monter les impôts et les taxes à don’f, ça donne une population qui :

1/ perd son outil de travail et n’en retrouve pas d’autre, 2/ crée et consomme de moins en moins, 3/ ne peut plus se soigner, 4/ ne paie plus ses impôts pour pouvoir simplement bouffer.

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Déconnectée

Décidément, je ne m’inscrirai pas sur un réseau social. Il est donc probable que je sois, aux yeux de certains, comme l’affirme le bulbe à foutaises de cet article (click), une sorte de psychopathe. En réalité, je ne suis qu’un grand singe femelle, non pas insociable, encore moins asocial, mais solitaire et féru de sa liberté de pensée au point de trouver que tout groupe content de lui-même contient en lui-même – ne serait-ce que par le choix d’un chef ou d’un « maître à penser » – un germe liberticide. Revenir à ces trucs d’ados ayant envie de se faire aimer par tous me gave. Et comme je n’aime pas tout le monde, je ne veux surtout pas que tout le monde m’aime. Pas bien, hein ? Que voulez-vous, on ne se refait pas. À l’âge de quinze ans, je n’avais qu’une seule idée en tête : qu’on me foute la paix. C’était déjà super difficile à mettre en œuvre à une époque sans portable, sans ordinateurs et sans caméras. Aujourd’hui, ça tient du combat quotidien, les intrusions sans qualité dans l’espace de pensée de chacun étant quasiment ininterrompues (click, baby).

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Blank Christmas

Lors d’un voyage aux Etats-Unis, dans les années 1990, j’avais été fascinée par le fait que là-bas, la machinerie de Noël s’enclenche dès la fin d’Halloween. En gros, à partir du lendemain, impossible de pousser une porte de magasin ou de restaurant sans entendre en boucle « White Christmas », « Let it snow » ou « Jingle Bells » – vous en venez à exécrer ce pauvre Dean Martin. Plus moyen de sortir du Luna-park rouge et blanc, à moins de casser malencontreusement votre pipe, ce qui serait considéré, n’en doutez pas, comme une impardonnable défaillance (mieux vaut casser celle du voisin). Les deux mois suivants (soit soixante jours, quand même !), embarqué de force sur ce grand huit sonore et festif, vous vous transformez progressivement en un mix de jus de truffe blanche et d’oie fourrée aux marrons (voir photo ci-dessus), arrivant fin cuit à Thanksgiving (4eme jeudi de novembre) pour vous laisser ensuite gentiment émincer jusqu’au 25 décembre, où vous atterrirez, les neurones clignotant et, bien entendu, le porte-monnaie vidé par les délices du monde marchand.

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Du mariage

Cliquer sur l’image pour l’agrandir. (Vive Dubout.)

Il y a tout de même un truc que je ne comprends pas dans cette histoire de mariage homosexuel (sujet qui m’intéresse autant que l’univers impitoyable de la Bourse (…oui, certes, pardon)), c’est pourquoi l’Église Catholique se mêle de ce sujet (et s’y emmêle) à ce point-là. On parle bien de mariage civil*, non ? Pas du mariage religieux, en meringue, avec les chapeaux ridicules, les fleurs et le toutim ?

Tiens, d’ailleurs, la meringue, ça aussi c’est devenu cocasse. Jadis, la robe blanche était le symbole de la virginité ; aujourd’hui, elle est simplement le symbole du mariage lui-même, avec un petit côté « ce soir je serai la plus bê-êlleuh pour aller danser » totalement tarte. Je conçois bien que cela puisse tenter certains gays facétieux. J’avoue en revanche que je ne pige pas mes chères consœurs, sur ce coup. D’un côté, elles réclament qu’on ne les appelle plus « Mademoiselle » sur les formulaires, de l’autre elles tiennent encore à s’affubler d’une épouvantable robe de communiante revisitée par Disney pour jurer fidélité à leur clampin. Tout ça pour une union qui durera, une fois sur trois, moins de quatre ans. Je ne les comprends pas. (Je n’ai jamais compris les filles.)

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