Course du R.À.T

Vieux dessin de Sophiek

P’tit Padawan, j’vais t’résumer
Ce dont je n’ai rien à taper.
Tu pourras ajouter tes rats
A la cavalcade des miens,
Et dès lors, il n’y manquera
Plus que la flût’ de Hamelin.

R.à.t, donc, (qui rime avec oignon) :

…de Hollande et de ses nouveaux lorgnons.
…des errances de Matignon.
…de l’affaire Bygmalion.
… des scissions chez Mélenchon.
…du nettoyage des plages d’Arcachon.
…que neuf Français sur dix aiment leur prénom.
…du Festival d’Avignon.
…du découpage des régions.
…des disputes entre Marine et Marion.
…de qui (re)prendra la tête de Libération.
…de BHL et des ses opinions.
…de l’Argh Contemporain et de ses installations.
…de l’ensemble des religions.
…de l’achat des cartables en juillet ou non.
…que les Bleus gagnent ou perdent au ballon rond.
…que Laure fasse défiler ses beaux arpions.
…que Depardieu se pochetronne grave ou non.
… de Bettencourt et de tout son pognon.
…de Facebook et de ses émotions.
…de Baupin et de sa transition.
…des Halles et de son laid bubon.
…des fêtes et des inaugurations.
…des lecteurs du Monde et de leurs réactions.

F’tez-nous la paix, bon sang !

Souvenez-vous de la fameuse phrase de Pompidou à Chirac : « Mais arrêtez donc d’emmerder les Français ! Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux. Foutez-leur la paix ! Il faut libérer ce pays ! » Il avait fichtrement raison. Et on ne l’a fichtrement pas écouté… Je ne sais pas si c’est pour contrer l’impuissance grandissante des gouvernements ou pour obéir aux technos paranos de Bruxelles, mais nous sommes désormais absolument ensevelis sous des tonnes de normes, de lois, de décrets ou de règlements dans tous les domaines*. Chez nous, rien qu’entre 1995 et 2005, 473 lois ont été votées. On imagine bien que depuis, ce chiffre s’est encore accru ! Cela semble impossible de toutes les dénombrer. En son temps, Mitterrand avait voulu le faire. La commission chargée de ce travail, épuisée et dépassée, a fini par jeter l’éponge. Selon certaines sources, on en serait à 11.000 lois et 130.000 décrets.

Pompidou devait être un peu taoïste… Au fond, on devrait forcer tous les gouvernants à relire Lao-tseu ou Tchouang-tseu avant d’agir. Trois cents ans avant Jésus Christ, ils avaient déjà tout pigé. Voici un extrait du « Voleurs de coffrets » écrit par Tchouang-tseu (Oeuvre complète, Folio essais). Probablement surprenant pour qui n’a pas encore saisi le taoïsme, et pourtant éclairant.

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Gaga de Game

 GoT

Paraît qu’en Chine, Game of Thrones est tellement censurée qu’elle ressemble à un doc rasoir sur les châteaux forts du Moyen-âge. En France, pas (ou moins) de censure, mais un bazar inextricable, car chez nous, le manque de respect pour les séries est depuis longtemps une constante. Ici, on atteint le paradoxe d’en avoir à la fois trop et pas assez. Certaines sont larguées à des heures tellement tardives qu’on ne peut que les rater, quand d’autres, bonnes ou non, subissent des rediffusions ad nauseam. Pour quasiment toutes les chaînes du câble ou de la TNT, bourrer une soirée ou une journée d’épisodes en vrac, tout en mélangeant allègrement les saisons, est devenu une norme. Les hacher de pubs et les doubler de façon calamiteuse ne leur suffisant pas, faut en plus qu’ils gâchent, qu’ils tronquent, qu’ils mélangent jusqu’au point de rupture. Désolée, mais non, je ne reverrai pas pour la quatorzième fois le même épisode des Experts Manhattan ou de NCIS saison 6 avant de re-re-re-revoir celui de la saison 2. J’peux pas, j’peux plus.

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Trucs foireux à voir, suite

Ne crois pas, Padawan, que je ne m’intéresse qu’à l’économie – bien que je trouve que ce domaine soit le plus passionnant du moment. Non, non : bien au chaud dans ma grotte, je continue à lire plein de trucs et à travailler d’arrache-cheveux. Et puis, ces temps-ci, je m’amuse comme une folle avec toutes les « real séries » qui passent aussi bien sur Discovery que sur Planète A&E*.

Je t’ai déjà parlé des séries sur les chasseurs de fantômes ousqu’on ne voit jamais de fantôme. Là, je vais te parler de chasseurs de trésors ousqu’on voit de drôles de trésors. As-tu déjà vu « Détect’Or » (Discovery) ? Je te résume l’idée : armés de détecteurs de métaux, un ancien catcheur américain et sa famille de loufdingues creusent des trous partout aux US (avec l’accord des proprios des terrains, à qui ils refilent une commission sur leurs gains), et gagnent des fortunes en déterrant des boutons de culotte datant de la guerre de Sécession à Charlestown, des boîtes à condoms en argent ciselé à la Nouvelle Orléans, des revolvers rouillés et des épingles de cravate en or à Chicago ou à Detroit. Je te jure, ça vaut le détour ! En trois jours de fouilles, ces gusses font parfois jusqu’à 15 000 dollars de bénefs. On se demande ce que donnerait la même idée adaptée en France, avec notre longue histoire à nous qu’on a. Bon, évidemment, je dis ça, mais chez nous, une telle émission ferait hurler les vrais archéologues, parce que ces « fouilles » s’apparentent quand même plus à une razzia de souris affamées sur un morceau de comté qu’à des recherches historiques menées avec toute la lenteur et la précision qui conviennent. Donc, ça ne peut se faire qu’aux États-Unis, un machin pareil. En attendant, voir Savage père hurler « BOOOM BABY ! » de toute sa hauteur (et sa largeur) dès qu’il trouve un truc de valeur me fait bien rigoler.

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« Non seulement ils n’comprennent rien…

« Pressez n’importe quelle touche pour continuer » (AcidCow.com)

…mais en plus, ils parlent tout seuls ! » dirait le chien Toby, comme dans le dernier volet de l’excellente pub pour le Crédit Mutuel – mais si, tu sais, Padawan, cette pub dans laquelle l’acteur Hervé Dubourjal (là, je sens que je t’apprends son nom) joue de façon très drôle un père râleur et largué (ce qui le change un chouïa de Brecht ou de Dostoïevski, et met un morceau de beurre bien mérité dans ses épinards quotidiens)

Bon, je reprends : « non seulement vous n’comprenez rien, mais en plus, vous parlez tout seuls ! », voilà la phrase qu’on aurait envie de balancer aux faces de carême des mollusques plombés qui nous dirigent – ainsi d’ailleurs qu’aux autres bandes, tout autant flapies, sans idées, lourdingues et collantes, qui guignent la place de notre Poussah national et de ses vizirs.

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Le Syndrome de la Greffière Maudite

 

La plupart du temps, le soir, quand je ne travaille pas ou que je ne vais pas danser la java avec Julot sur le pont de l’Alma, je me cale sur une chaîne ciné, sur une série ou sur un doc. Et puis quelquefois – mais là c’est rare, très rare, juré ! – je regarde des trucs foireux. Quand je dis « trucs foireux », je ne parle pas de ces émissions de plateau où des gens bavassent trois heures durant sur les dernières élections ou la courbe du chômage. Je ne parle pas non plus des pensums où un type, qui anime le même « entre-soi » depuis 120 ans, invite ses potes pour vendre leur dernière production, ni des jeux abscons, ni des feuilletons français aux dialogues et aux images de plomb. Non, tout ça, je ne regarde jamais, je ne peux simplement pas, faut pas exagérer. Non, mes trucs foireux à moi passent sur certaines chaînes du câble, genre D8 ou W9 ou Planète +, enfin l’une des 300 et quelques chaînes que je regarde cinq fois par an.

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Allonzenfants de la krâhââ reuuuuh kof ! kof ! kof !

Finalement, concernant la Marseillaise, je retire, j’avais oublié Reinhardt et Grappelli. Comme quoi tout est affaire d’interprétation, donc.

Sinon, comme tout le monde à Paname, j’ai super bien craché mes poumons cette semaine, pendant que le gouvernement « envisageait » (le gouvernement « envisage » beaucoup et souvent, mais ne prend jamais aucun risque, vous avez remarqué ?) un nouveau truc de type taxe sur chépakoi. Je résume l’option réclamée par nos dirigeants depuis 15 ans : acheter une voiture fronçaiiizzzzze (soutenir le marché) et la ranger dans un tiroir, parce que ne pas la conduire (ne pas polluer) et ne pas la garer (pas de parkings, ou alors très, très chers). Sérieusement, je ne peux plus, moi, « envisager » ce gouvernement (ni le précédent, ni celui d’avant, ni, probablement, celui d’après). D’ailleurs ces temps-ci, je n’envisage pas grand-chose d’autre que de me planquer dans ma tanière, finir mes commandes, abattre à la tronçonneuse l’administratif (plus encombrant que jamais), essayer de préserver mes derniers picaillons des rapaces, et voir le moins de monde possible. Groumpf.

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Swing !

Take five – Dave Brubeck

C’est parfois étrange de vivre dans un pays qui swingue aussi peu. Voilà une question que je me pose d’ailleurs souvent : pourquoi les Anglo-saxons swinguent-ils, et pas nous ? Est-ce que c’est simplement une tournure mentale ? Le fait que l’humour aille si bien avec le swing me le laisse penser de plus en plus. Certes, ici, on a l’esprit, le fameux « esprit Français ». On a aussi de beaux esprits, je veux bien le reconnaître, malgré cette mode du ricanement désagréable qui s’infiltre aujourd’hui partout (c’est toujours l’autre qui est ridicule, chez les Français, bien sûr). Peut-être aussi que le problème vient de notre langue, terriblement précise, carrée, quand la langue anglaise est plus floue, si ronde

Je ne trouve pas de réponse satisfaisante. Tout ce que je sais, c’est que je n’aime pas vraiment « La Marseillaise », hymne que je trouve  lourd et pompier. Ah, la marche en rang… C’est sans doute un peu l’origine du problème des Français, ce goût de la musique militaire, ce « Oooon-deux ! Oooon deux ! », qui fait que le public claque toujours des mains sur le temps fort, jamais sur la caisse claire, et donc manque si souvent de légèreté.

Random Memories

Jusqu’à quel point est-on influencé ? Jusqu’à quel point notre imaginaire est-il lié à celui d’autrui ? On passe finalement plus de temps à réinventer, réadapter, sans toujours être conscient des choses qui ont formé notre goût, notre univers intérieur. Dévider ensuite le fil, remonter le temps, retrouver les correspondances est assez amusant, souvent surprenant.

Récemment, j’ai revu les six « Star Wars », dont les trois premiers qui m’avaient tellement emballée à leur sortie (j’avais alors l’âge qu’il fallait avoir pour adorer ces films). Les progrès en images de synthèse et en effets spéciaux ont été tels depuis que ces trois épisodes de la série, malgré leurs ajouts numériques ultérieurs, ont quand même un peu vieilli. Un jour, on leur trouvera probablement le charme que l’on trouve aux films où officiait Ray Harryhausen, le pionnier des monstres animés des années 1950. Peu importe, je craque toujours pour R2D2 et C3PO, ainsi que pour toutes les trouvailles, vaisseaux spatiaux et personnages secondaires qui font le sel de cette double trilogie, et je ne parle même pas de Darth Vador. Mais bon, C3PO est définitivement un cousin direct de la femme robot de « Metropolis », ce que je n’avais pas vu jadis, et qui, pourtant, crève les yeux.

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La cuillerée qui tue

Y’a des moments où on n’a plus tellement envie de l’ouvrir. Pas qu’on soit enfin content de son sort – au contraire même, puisque tout continue à aller de traviole dans tous les domaines – mais parce qu’on ne sait plus très bien par quel bout prendre l’espèce d’énorme pelote de connerie humaine qui nous enserre chaque jour un peu plus.

C’est fatiguant de se dépatouiller de tout ça, de chercher sans arrêt le bout d’un truc qui n’en finit pas de s’embrouiller, surtout quand ce qui nous aidait encore un peu il y a quelques années, c’est-à-dire les cervelles des gens qui œuvraient vaillamment à clarifier les choses, nous lâche en cours de route – ou, pire encore, nous ligote un peu plus.

C’est ça, le problème du règne de la quantité sur la qualité. 40 Unes de journaux mêlées sur les dieudonneries des uns, et 40 autres sur les frasques sexuelles d’un gars qui, tout juste arrivé à l’Elysée, aurait demandé à l’huissier qui lui faisait visiter les lieux par où sortir sans être vu, ça vous assomme un être intelligent pour un bon mois, sinon plus. Comment voulez-vous, ensuite, vous intéresser aux événements vraiment importants, soit tout ce qui, autrefois, faisait à juste titre la Une des journaux, et qui est maintenant relégué en tout petit en page 12, entre une pub pour shampoing et la critique dithyrambique d’une mauvaise comédie ?

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Tout se mérite !

« Bois sans soif », le premier roman de François Perrin, est enfin sorti. Inutile de vous préciser que je me suis ruée dessus et que j’ai déjà commencé à le humer, ainsi qu’on le fait d’un grand cru. D’abord parce que j’aime François Perrin depuis qu’on s’est rencontrés – virtuellement, puis en vrai – il y a six ans, époque où j’ai commencé à le lire sur le web, puis sur Strictement-Confidentiel. Ensuite parce que j’adore faire du copinage quand mes grands copains (on ne dit plus « amis » depuis FB, c’est dévoyé à donf’) ont du talent. Et lui, il en a un paquet, d’ailleurs Jaenada le dit lui-même très joliment en préface, et Jaenada, c’est pas rien, je te prie de le croire.

« Bois sans soif » (Editions rue Fromentin), ou la vocation du zinc, devant, parfois dessous, et surtout derrière. (PS : Je ne sais pas pourquoi, d’autant que je n’ai pas encore lu le livre, mais je ne peux m’empêcher, soudain, de penser à Jacques Perret et à son « Vent dans les voiles », géniale et si drôle histoire de bar devenu navire une fois baissé le rideau d’acier… Perrin, Perret… Bizarre, bizarre, non ? … Vive le vent.)

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