Déconnectée

Décidément, je ne m’inscrirai pas sur un réseau social. Il est donc probable que je sois, aux yeux de certains, comme l’affirme le bulbe à foutaises de cet article (click), une sorte de psychopathe. En réalité, je ne suis qu’un grand singe femelle, non pas insociable, encore moins asocial, mais solitaire et féru de sa liberté de pensée au point de trouver que tout groupe content de lui-même contient en lui-même – ne serait-ce que par le choix d’un chef ou d’un « maître à penser » – un germe liberticide. Revenir à ces trucs d’ados ayant envie de se faire aimer par tous me gave. Et comme je n’aime pas tout le monde, je ne veux surtout pas que tout le monde m’aime. Pas bien, hein ? Que voulez-vous, on ne se refait pas. À l’âge de quinze ans, je n’avais qu’une seule idée en tête : qu’on me foute la paix. C’était déjà super difficile à mettre en œuvre à une époque sans portable, sans ordinateurs et sans caméras. Aujourd’hui, ça tient du combat quotidien, les intrusions sans qualité dans l’espace de pensée de chacun étant quasiment ininterrompues (click, baby).

« Restez connectés », qu’ils disent dans les spots. Pourquoi ? Avec quoi ? Cette espèce d’ogre bouffe-tout qui brame mille et une conneries chronophages, vous empêchant de travailler, de lire, de savourer, de fabriquer, de penser, de vagabonder ? Beurk. Je n’aimais pas du tout, autrefois, les émissions de radio avec appels d’auditeurs, ou les soirées « nos photos de vacances à Ouagadougou », alors se taper, maintenant, des images d’assiettes pleines, des statuts idiots, des jeux moches et des photos mal cadrées d’anniversaires… punaise, faudrait me payer, et encore.

 

En fait, elle a sûrement raison, la greluche à cheveux plats du premier article. Je dois être psychopathe.

M’en fous. J’assume.

(Vous pouvez me piquer ces petits détournements de boutons si vous le souhaitez, c’est de bon coeur et gratosse.)

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23 Commentaires

  1. Posted 3 février 2013 at 20 h 48 min by Sophie K. | Permalink

    Il m’a hallucinée, cet article traitant de déviants et de serial killers en devenir toute personne rejetant les réseaux. Une raison de plus d’envoyer mon pied au c… des pouces levés.

  2. Posted 3 février 2013 at 20 h 55 min by Sophie K. | Permalink

    Tiens, pile-poil au bon moment et salvateur :
    http://blogs.lesinrocks.com/billetdur/2013/01/28/chere-generation-goldman/
    (Je hais les chansons de Goldman.)

  3. Posted 3 février 2013 at 21 h 41 min by ArD | Permalink

    Lonesome, but not alone… Savais pas que ça s’appelait de la pychopathie (!)

    • Posted 4 février 2013 at 10 h 42 min by Sophie K. | Permalink

      :D Moi non plus ! Le post de cette alien (née ?) me rappelle toute la littérature et tout le cinoche SF, ou la malédiction des « hors-nid » de la série « Sur l’étoile » de Moebius. On est déviants, et on ne le sait pas.
      (Mais nous, au moins, on n’a pas la maladie du nez !)
      http://stuartngbooks.com/images/detailed/23/9782203345225_pb2.jpg

  4. Posted 3 février 2013 at 22 h 37 min by patrick verroust | Permalink

    Bien vu ,Soph! On nous refait le coup du docteur Knock. Toute personne qui échappe à la contagion générale est déviante, vaguement sorcière, pire ce peut être un esprit fort. Si elle n’est pas dérangé, elle dérange, ce qui revient au même. Elle sabote l’économie générale, elle génère des manques à gagner….Une terroriste accointée à El caddy vide.
    icon_annoyed

    • Posted 4 février 2013 at 10 h 48 min by Sophie K. | Permalink

      :) Excellent, Al Caddy !
      (Sinon, moi je suis constamment dérangée. Pas toi ?)

  5. Posted 3 février 2013 at 23 h 15 min by Zoë Lucider | Permalink

    « pourtant certains font de la résistance et refusent catégoriquement de s’y soumettre. » Oh le joli terme. Absolument! on refuse de se soumettre. Bon, moi j’ai un FB mais je n’y vais quasiment pas, sauf pour aller voir les jolies photos de ma fille en maillot de bain dans la neige de Biélorussie!!! icon_smile
    Quant à la leçon sur l’art de regarder et d’observer, je me suis souvent surprise à ne pas voir parce que je pense à autre chose, mais ça aussi c’est ma liberté: m’absenter tout en étant là.
    Je viens de voir « Renoir ». Michel Bouquet très fort, comme toujours et la photo magnifique, la petite rousse qui joue Andrée, son dernier modèle et deviendra la femme de Jean, craquante à souhait. Hymne à la sensualité. Renoir (Bouquet) cite Titien à plusieurs reprises.

  6. Posted 3 février 2013 at 23 h 17 min by Zoë Lucider | Permalink

    Un dernier truc, ces lieux virtuels sont bourrés de vignettes proposant de se faire refaire le cerveau!!!

    • Posted 4 février 2013 at 10 h 59 min by Sophie K. | Permalink

      Genre « Enlarge your brain » ?
      icon_erk

  7. Posted 4 février 2013 at 9 h 58 min by Jacques | Permalink

    Psy cho pathe ? Psy cho pathe ? Et où y sont les gens libres de penser ? :-) Tenir à son irréductible singularité de l’être humain a son prix. Inutile de se mettre en colère contre un océan trouble et confus. Sans être zen, ça m’équilatère complet ce que pansent les zosios pattes en réseau.

    • Posted 4 février 2013 at 11 h 00 min by Sophie K. | Permalink

      Oui, mais vous, Jacques, vous êtes fort. Alors que moi je suis une petite chose fragile, tonnerre de Brest ! :)))

  8. Posted 4 février 2013 at 13 h 58 min by patrick verroust | Permalink

    Salut Petite Chose Fragile!

    J’aime beaucoup ton détournement du logo de FB.
    Dans ce monde où la folie est invasive et ne fait même pas sens, il faut cultiver un esprit hurluberlu. Je suis doté d’un humour dont j’use et j’abuse. Il vaut mieux un mauvais humour qu’une mauvaise humeur. Autant rire puisqu’à la fin , tu meurs d »une probable mauvaise tumeur.
    Tu as commis le péché d’e-connaud-clastie, repends toi!
    icon_cool

    • Posted 4 février 2013 at 20 h 04 min by Sophie K. | Permalink

      :)
      Je vais me repenter, promis.

  9. Posted 4 février 2013 at 19 h 35 min by Claire | Permalink

    J’adore ton logo FaceBook/corde au cou !

    Ce qui m’ennuie le plus dans cette histoire c’est la place que l’on accepte d’accorder à FaceBook (pas un jour où je n’en entende parler entre collègues),et par dessus tout l’absence de frontières entre la sphère publique et privée. Par exemple, en quoi des informations privées (certes publiées, mais plus ou moins innocemment) peuvent-elles intéresser des services DRH ? S’imaginent-ils que ce qu’écrit un candidat potentiel sur FaceBook est un direct copier/coller de son futur comportement en entreprise ? En seraient-ils arrivés là ?

    J’ai lu une très belle critique de livre à ce sujet : ici.

    • Posted 4 février 2013 at 20 h 02 min by Sophie K. | Permalink

      Oui, que la vie privée devienne de plus en plus publique m’ennuie aussi. On flirte vraiment avec « 1984 », tout le monde s’expose, et c’est très fatigant. Sinon, j’ai l’impression que les firmes cherchent surtout à repérer les fortes têtes pour les exclure, tout simplement. Quand je disais que toute la société s’organisait de plus en plus comme un camp militaire Romain (cités dortoirs sur les bordures, centres commerciaux, etc.)…

  10. Posted 4 février 2013 at 20 h 08 min by Winston Smith | Permalink

    Mmmmhh, j’ai toujours été fascinée par les psychopathes, alors en être une moi-même sans le savoir me plait bien…et en fait cépafo…je crois bien que mentalement, j’ai dû faire un carnage à mon âge avancé…mais c’est la seule façon de survivre.

    • Posted 4 février 2013 at 20 h 17 min by Sophie K. | Permalink

      :)
      Welcome, Sister Psycho !
      Bon, moi, les psychopathes ne me fascinent pas vraiment (hormis ceusses des bouquins et des films), chus pas très « boucheries en gros », j’avoue. Les seuls trucs vivants que j’ai butés en masse en face à face tendu doivent être les moustiques (et encore, mon lancer de savate est assez nul, j’ai surtout tué des murs).

    • Posted 4 février 2013 at 20 h 35 min by Sophie K. | Permalink

      (…qui meurent sans un murmure, of course.)

  11. Posted 5 février 2013 at 8 h 00 min by Obni | Permalink

    Ce qui me met en boule c’est la part que représente maintenant dans des émissions plutôt sérieuses (28 minutes sur Arte par exemple) consacrée aux réactions Twitter. Comme si quelques lignes de trucmuche écrites intentionnellement pour qu’on en parle, devaient devenir une sorte de reaction normée de l’opinion ! Parfois même dans ce type d’émission on coupe volontiers la parole à quelqu’un pour indiquer le twiiiit qui vient d’être posté et qui n’a que bien peu d’intérêt.

    • Posted 5 février 2013 at 11 h 19 min by Sophie K. | Permalink

      Tyrannie de l’opinion + peur du zapping, effectivement, c’est pas génial, surtout sur Arte… Et j’ai vu aussi, dans d’autres émissions sur d’autres chaînes, des intervenants passionnants interrompus pour laisser passer des twitts sans intérêt.
      C’est pour ça que je dis que c’est fatiguant, et que le second article en lien m’a aussi intéressée : on ne peut plus se concentrer, développer une réflexion jusqu’au bout, respecter la parole de chacun. Un peu comme si, dans une conversation de salon, tout le monde coupait la parole à tout le monde pour faire son numéro.
      Chez les Navajos, qui estiment qu’il faut toujours laisser quelqu’un finir de parler avant d’intervenir (on doit même laisser une ou deux secondes de silence pour être certain qu’il a bien dit tout ce qu’il voulait dire), tout cela serait considéré comme d’une impolitesse extrême… :D

  12. Posted 11 mars 2013 at 16 h 33 min by NLR | Permalink

    Moi aussi, tiens, je suis plutôt du genre à traîner sur les rivages non surveillés. Face au vent et au vagues dangereuses. Bon, sauf de temps en temps, je l’admets, je rejoins la foule braillante pour aller m’acheter une glace, devant le « Grand Hôtel » de la plage… Les gens me regardent comme si je venais de la galaxie du Centaure, avec mon short pas à la mode et ma serviette trouée… ;-)

    Facebook ? A petites doses, et avec une attitude mesurée, vaguement méfiante. Et pour voir ce que devient le genre humain.

    • Posted 12 mars 2013 at 0 h 26 min by Sophie K. | Permalink

      Entomologiste à la Grissom, tu es, un peu, haha !