Samivel (1907-1992)

Samivel, « Les Malheurs d’Ysengrin », Delagrave – édition de 1939

Né Paul Gayet-Tancrède, le dessinateur Samivel a été l’un des tous premiers illustrateurs que j’ai aimés. Je me revois, plongée des après-midi entières dans son univers, au long de pages qui, ça se devinait à leur usure, avaient enchanté mes propres parents quand ils étaient eux-mêmes petits. D’abord ce pauvre Ysengrin, dont je plaignais les misères et le ventre creux, puis François de France, avec ses lignes pures, et ses détails précis qui me ravissaient. D’autres encore ensuite, du « Voyage de Monsieur Dumollet » à « Sous l’œil des choucas » (l’un de ses premiers livres), qui tout en ayant un peu vieilli, reste un classique du dessin d’humour d’avant guerre.

Samivel, « François de France », IAC, 1940

 Évidemment, je ne connaissais pas alors la vie d’aventures du bonhomme, mais son goût pour la nature transparaissait dans chacune de ses illustrations. Je n’appris que beaucoup plus tard que, fou de montagne, il avait réalisé plusieurs premières ascensions victorieuses dans le massif du Mont-Blanc, qu’il était devenu un ami proche de Théodore Monod, ou qu’il avait accompagné Paul-Emile Victor au Groënland, voyageant par la suite autour du monde tout en développant son travail d’illustrateur ainsi que ses talents d’écrivain et de réalisateur.

Samivel, « Sous l’oeil des Choucas », 1932, Delagrave 

Il y a dans les oeuvres de Samivel, comme souvent chez les artistes que j’aime, une très nette influence Japonaise (cf. les images lumineuses d’Hiroshige ou d’Hokusaï). On peut aussi noter l’impact qu’il a pu avoir sur certains de ses pairs récents, entre autres le dessinateur Avoine (artiste qui m’aura également, au début de mes propres travaux d’illustratrice débutante, beaucoup influencée).

« Bon voyage Monsieur Dumollet », Samivel, Delagrave, édition de 1942

« Vos dessins, éloquents à l’égal d’une fable et de sa morale, parlent d’eux-mêmes, et la voix d’un ancien n’ajouterait rien à votre oeuvre, toute de vaillance et de bonne humeur. »

Guido Rey, en préface de « Sous l’oeil des choucas ».

(Article publié dans Strictement-Confidentiel le 10 novembre 2009.)

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4 Commentaires

  1. Posted 16 septembre 2012 at 9 h 05 min by Anna de Sandre | Permalink

    J’aime beaucoup.

    • Posted 16 septembre 2012 at 12 h 15 min by Sophie K. | Permalink

      Merci Anna !
      (Tu connaissais ? J’ai toujours eu l’impression qu’il était moins connu qu’il ne le méritait…)

  2. Posted 20 septembre 2012 at 14 h 14 min by mon chien aussi | Permalink

    Y a parfois un côté Dubout dans certains dessins… un bon, en tout cas, et malheureusement méconnu, tout comme Vercors d’ailleurs (Bruller)… dommage, car ils ont mené du bon travail…
    Même le grand Beuville est quasi inconnu… icon_confused

  3. Posted 20 septembre 2012 at 15 h 58 min by Sophie K. | Permalink

    C’est drôle, parce que les illustrations de Delhomme me font souvent penser à celles de Beuville…