Tag Archives: Peinture

L’appel de l’Esprit

« Bloque ton ouverture, ferme ta porte, émousse ton tranchant, dénoue tout écheveau, fusionne toutes les lumières, unifie toutes poussières, c’est là l’identité suprême. » Lao-Tseu, Taö-Tö King

Félix Vallotton, Derniers Rayons, 1911 (Musée des beaux Arts, Quimper)

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Edouard Detaille (1848-1912)

Charge de hussards, étude, 1891

Jean Baptiste Edouard Detaille avait 34 ans de plus que Newell Convers Wyeth, dont j’ai déjà parlé ici. Je les rapproche dans ce post car, bien que l’un ait été un peintre officiel et l’autre un illustrateur de génie, leurs univers se croisent à la faveur de leur grande virtuosité, et d’une certaine parenté graphique. La différence réside dans les choix qu’ils ont faits. Wyeth, qui voulait être peintre, a raconté l’histoire rêvée de son pays aux enfants de son temps. Né dans une famille de militaires, militaire lui-même durant la guerre de 70, Detaille est devenu un peintre d’histoire académique célébré par ses contemporains. Même issues de son atelier, ses œuvres, inspirées d’événements souvent vécus, sont les ancêtres des photos des grands reporters de guerre d’aujourd’hui.

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Léon Spilliaert (1881-1946)

« Femme de profil », Léon Spilliaert, 1907

Exposé en 2008 à Orsay, l’artiste belge Léon Spilliaert fut entre autres un contemporain de Munch, d’Ensor, de Maeterlinck et de Vuillard. Au-delà du symbolisme, son œuvre se rapproche beaucoup de celle d’Edward Hopper : à travers leurs perspectives étranges, leurs paysages à la fois réalistes et fantastiques, leurs villes-décors labyrinthiques, leurs bords de mer crépusculaires,  ces deux-là parlent finalement des mêmes choses.

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Le silence d’Edward Hopper

Compartiment C, voiture 193, 1930

De tous les peintres dont j’ai vu les œuvres, celui qui me touche le plus est et reste Edward Hopper. Peut-être parce que chacune de ses toiles raconte une histoire ; peut-être aussi parce qu’aucune n’est véritablement ce qu’elle semble. Un observateur distrait dirait de son travail : « Voilà un homme qui, témoin de son époque, peint des villes, des paysages, des maisons ou des rues remplies de gens affairés ou songeurs. » Un observateur attentif se rendra compte que les rues sont presque désertes, les appartements étroits comme des boîtes, les maisons quasiment toujours isolées, abandonnées au temps et à la lumière. Quant aux sujets animés des œuvres, on les voit soit coincés entre des murs, soit confrontés à une nature immense, indifférente, un paysage dont on ressent la toute puissance, certes domptée pour quelque temps, mais prompte à se rapprocher, à enserrer et à menacer d’engloutir à nouveau le monde rectiligne et technique issu du cerveau humain.

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