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Edward S. Curtis (1868-1952)

Navajo Chief, E.S.Curtis

Entre 1907 et 1930 parut, aux Etats-Unis, la plus grande encyclopédie consacrée aux peuples natifs du continent Nord-Américain. Elle était signée d’Edward S. Curtis, photographe et ethnologue alors à l’apogée de sa carrière. Chacun des vingt volumes de son énorme travail était accompagné d’un portfolio séparé contenant à peu près trente-six photogravures d’une qualité remarquable. John Pierpont Morgan, magnat des chemins de fer et financier de cette entreprise culturelle d’un nouveau genre, avait voulu que ces ouvrages soient les plus beaux du monde. Ils l’étaient en effet, et aussi complets et précis que possible. Pourtant, cette encyclopédie ne se vendit qu’à 272 exemplaires : l’époque, malgré le soutien et l’intérêt de certains, comme celui du président Théodore Roosevelt, ne se préoccupait guère de savoir qui étaient, au-delà de leur sauvagerie apparente et de leurs rites incompréhensibles, les premiers habitants d’un pays alors tout entier tourné vers le progrès technique et l’avenir…

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Gregory Crewdson, photographe « Hopperien » et cinéphile

Pour qui se nourrit de l’image – et quand je dis « se nourrit « , je parle d’une faim et d’une soif inextinguible, d’un besoin qui pourrait se comparer à celui d’un vampire tant il est question, pour celui qui crée ou qui veut créer son propre univers, de se trouver un chemin visuel qui boostera son propre imaginaire afin de lui faire quitter les rivages médiocres de « l’image pour tous », de « l’infiniment régurgité » et du « déjà vu mille fois » – pour qui se nourrit de l’image, disais-je donc, le Graal est de trouver un artiste contemporain qui va enfin lui ouvrir une nouvelle porte. Cet artiste, lui-même rassasié de merveilles issues du passé ou du présent, aura su construire un univers personnel original et fort, sans nier l’apport des maîtres qu’il a choisis, mais en allant plus loin qu’eux, en explorant ce qu’ils n’auront pas exploré, en extirpant de leur matière le détail qui l’aura fait vibrer, la lumière bleue qui le hante lui, sa « note bleue » aurait dit le pianiste Thelonious Monk.

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