Le temps de Ferdinand Hodler (1853-1918)

Portrait de Berthe Jacques, future femme de Ferdinand Hodler, 1892, Hodler.

C’est par ce portrait, remarquable de simplicité, d’équilibre et de beauté, que j’ai un jour découvert Hodler et son univers. Ci-dessous, quelques-uns de ses autoportraits. Ce grand admirateur de Courbet ne pouvait bien entendu pas éviter cet exercice ; sa répétition met en lumière toute sa quête graphique. Hodler cherchait et s’amusait en s’étudiant au fil des années, nous (dé)peignant à travers lui, jouant avec son apparence autant qu’avec les lignes et les couleurs. Aujourd’hui, au fil de son désir d’harmonie, ses yeux intelligents plongent toujours dans les nôtres, nous intimant sans doute l’ordre malicieux non plus de voir, mais d’apprendre, comme il l’a fait en son temps, à regarder.

Le furieux, Ferdinand Hodler, autoportrait, 1881

Autoportrait parisien, F. Hodler, 1891

1892

Autoportrait, F. Hodler, 1900

Autoportrait, 1914

1915

1916

1916

16 réflexions au sujet de « Le temps de Ferdinand Hodler (1853-1918) »

  1. Quel regard scrutateur§ Il était probablement hypermétrope. Effectivement , il s’amuse, du furieux romantique, en passant par le dandy, l’impressionniste au jardin (un suisse attiré par Monet courant), le calviniste étonné, le vieil homme un brin débraillé, amusé, autant de portrait qui , tu as raison, regardant, interroge. Le portrait de Berthe Jacques est splendide, là encore, le regard lui est essentiel, le reste n’est que détail , joli détail!! Hodler ou l’art de héler et de regarder au lointain, jusque dans la nuit…

  2. Koechlin de sort! Je vérifie une technique musicale et je tombe sur un Charles Koeclin, quelle dynastie….
    Les députés parent en guerre contre des putes et leurs clients, ils veulent rien de moins qu’abolir la prostitution, vaste programme…Une certaine Maud prépare la future loi qu’elle justifie avec un verbiage confondant qu’on soit enthousiaste ou sceptique…Ainsi, les besoins sexuels seraient « cul-turels », j’en ai parlé à mon cheval, il a tourné l’étalon. Dans le même temps d’autres députés défendent l’idée d’assistantes sexuelles pour les handicapés et les vieux roides d’arthrose sur l’ai de « Mignonne , dîtes moi si l’arthrose qui ce matin…. » Toujours dans le même temps, une femme ambitionne d’entrer, à la saint sylvestre, dans le Guiness book of records » en se farcissant, en 24 heures, 2000 mâles d’affilée ou plutôt d’enfilée….Ainsi va le monde en ses déraisons!

  3. C’est drôle, j’étais justement dans Courbet cet après midi, et Jules Valles, et Couté, la bohème parisienne montmartroise. Après, je relisais un texte de Proudhon, chez qui je me suis retrouvé à cause de Courbet – joie du web- et voila que je tombe sur ton billet. Merci de cette découverte.

    1. :) Je te jure que je commence à penser qu’il n’y a pas de hasard… Contente que tu découvres Ferdinand, toi qui m’a fait découvrir tant de peintres !

  4. Nous sommes dans le portrait, décidément. Il a des yeux terribles cet homme. Dans son dernier autoportrait on perçoit comme une sorte d’indulgence qui lui serait venue avec l’âge.

  5. Sophie,

    Je crois que tu as raison, Hodler peint son portrait en sortant son clown, plus il avance en age plus il se moque de lui et du narcissisme qu’il a comme tout un chacun. Elle , elle tourne le dos, avec un regard en arrière, amusé, provoquant, sur de son pouvoir séducteur et complice du farceur qui fait le Jacques, pas folle la guêpe…Je pense que cette auto ironie interpelle parce qu’elle évite l’intellectualisme dandy et confronte les facilités de l’abstraction introspective au réel de notre condition…Un pied de nez aux convenances!

    1. Bien vu. Mais je ne crois pas qu’il y ait une once de narcissisme dans le fait de se peindre soi (enfin, pas là en tout cas). C’est vraiment un exercice pour un peintre, le seul moyen de progresser sans pression, de faire évoluer sa touche, de jouer tranquillement avec les couleurs, le cerné, l’expressivité d’un visage, etc. Difficile de demander à une belle femme de faire des grimaces ou d’ouvrir des yeux en soucoupe, par exemple. :)

  6. Chère K, pour rebondir sur ces autoportraits de Hodler et le dos de Berthe, voici tout le contraire, lu ces derniers jours chez Rosset à propos de Vermeer :
    « Il n’y a d’ailleurs pas d’autoportrait de Vermeer, et la biographie du peintre tient en dix lignes anodines. Cependant Vermeer semble bien s’être peint une fois, par un jeu de double miroir : dans cette toile sans nom précis, aujourd’hui appelée L’Atelier. Mais le dos, comme un peintre quelconque, qui pourrait être n’importe quelle autre personne occupée à sa toile. »
    Le réel et son double, Clément Rosset

    L’atelier ou L’allégorie de la peinture, Vermeer

  7. Découvert ce Suisse inconnu il y a un an à New York à la Neuegalerie. Je n’oublierai jamais la série d’études qu’il a faites de l’agonie de sa maîtresse. Il savait aussi transfigurer les benoîtes montagnes suisses en quelque chose de grand, lumineux, venu d’ailleurs.

    1. Oui, je me souviens que cette série de gisantes m’avait beaucoup impressionnée, jeune… A l’époque, j’aimais le « joli », comme beaucoup, et, un peu refroidie par la crudité de ce peintre, je ne l’avais donc pas exploré plus avant Je l’ai redécouvert sur le tard, mais avec l’oeil enfin prêt à le comprendre… :)

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