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Le monde inverse*…

Bien ri hier, en suivant le journal de midi de France 2. Deux reportages se suivaient. Le premier était sur les Vélib’s, notifiant que trois villes de France en étaient désormais dotées au max, soit Paris, Marseille et Toulouse, avec interviews de gens contents de pédaler ; le second était sur la pollution, notifiant que les trois villes les plus embouteillées et les plus polluées de France étaient… heu… ben  Paris, Marseille et Toulouse. (Ah ? Tiens…)

Bon, rien à voir (ou tout à voir, indirectement, au fond), joli débat entre Stiegler et Todd, pioché chez Jorion, relayé ici. Dommage que ni l’un ni l’autre n’ait pensé, à propos des intellectuels ayant pressenti le cul-de-sac poisseux de la « révolution conservatrice » (pourtant, ils citent TF1 et son choix « d’abrutissement systémique » !), à parler de Guy Debord.

Prenez le temps d’écouter, ça démêle un peu l’embrouillamini actuel.


En direct de Mediapart : le débat Stiegler – Todd par Mediapart

* Ce « Le monde inverse » renvoie à la notion alchimique du retournement des valeurs, qu’on peut aborder, par exemple, à travers Chrétien de Troyes et tout ce qui tourne autour de la légende du Graal.

Avant l’éveil…

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Semaine en grande partie chinoise, pleine d’ombres et de lumières malgré le froid persistant. Après avoir profité de ma grippe pour lire « Lune de Printemps »*, j’ai réattaqué « La Cité Interdite », le très beau recueil d’aquarelles de Charles Chauderlot (Rouergue, 2006, avec Cyrille J-D. Savary). J’avais déjà parlé ici de ses merveilleuses vues dévoilant la partie secrète de cette étrange ville qu’est le Palais Impérial, mais je n’avais pas encore lu ses textes passionnants. Toujours amputée d’une grande partie de son histoire par la révolution culturelle, la Chine profonde d’aujourd’hui, poursuivant sa marche encore chaotique vers le futur, n’a pas encore retrouvé toute sa mémoire. Les nuages de pollution de plus en plus opaques qui encombrent les immenses bronches du Dragon ne l’aident pas beaucoup. En plus de mes lectures, j’ai donc été contente d’apprendre que les bandes dessinées récentes de Li KunWu, qui évoquent l’ancienne Chine et ses traditions, permettent aux Chinois de rebâtir quelques ponts ouvragés entre leur passé et leur avenir.

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Ailleurs…

Ce week-end, engloutissement dans le tsunami coloré du Salon du Livre, avec une impression puissante et désagréable de noyade absolue. Dans ce hall immense bourré à craquer, temps accéléré et silence aboli, la place est désormais tenue par des hordes d’admirateurs ébaubis de vedettes (« Regarde, c’est Françoise Hardy ! », « Attends-moi, je prends une photo de Marc (Lévy ) ! »), par des gens qui veulent d’abord voir ou être vus. Du coup, on ne distingue plus les écrivains – ou plutôt on ne les entend plus : tous sont devenus des VRP assommés de demandes, vendant leurs livres comme les troufions démobilisés vendaient des bas, du chocolat et des cartouches de cigarettes après la guerre, dans ce qui est devenu une foire d’empoigne absolument effroyable, comme le reste de ce nouveau monde de plus en plus schizo.

Grosse fatigue. Musique.

Va, chemine…

À force de bosser tête baissée, le monde est devenu une rumeur. J’ai quand même bien rigolé en écoutant de temps en temps, d’une oreille lasse, les pronostics des journalistes qui, poireautant devant le Vatican, transformaient les cardinaux en piaffants chevaux de course. Cependant, pour tout dire, la nouvelle la plus importante de la semaine n’a pas été, à mes yeux, celle de l’élection de François Ier, mais celle-ci : « L’eau salée changée en source d’électricité par des nanotubes ».

Je suis très certainement une (vieille) mécréante de penser qu’on approche mieux le mystère de la création par l’étude, et que l’humain n’est jamais plus proche de la perfection que lorsqu’il y concentre la merveille de ses cellules grises… J’y pensais encore, jeudi après-midi, en regardant d’un œil, tout en travaillant, le premier volet de « La fabuleuse histoire de la science » sur Arte. Galilée et ses loupes, Newton et (le mythe de) sa pomme, Hubble dans les étoiles. Considérer ces mammifères inspirés, minuscules organismes vivant sur une minuscule planète perdue dans l’immensité, et les voir, malgré les dogmes et les menaces des autres hommes, débrouiller l’univers, en trouver les accès et tenter de lui donner un sens, est, pour moi, un véritable miracle.

Pendant ce temps, après avoir photographié la foudre sur Saint-Pierre la nuit suivant la renonciation de Benoît, le Spectacle trouvait le moyen d’arroser la blogosphère d’une photo de nuage en forme d’ange le jour de l’élection du nouveau pape. À en croire ce nébuleux adorateur de l’insignifiant  (je parle du Spectacle, of course, et j’ajoute que je ne crois pas en lui), Dieu n’a apparemment aucune suite dans les idées.

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Flash Cadillac

Parce que ces images me semblent  indissociables de ce site, je remets en ligne cet article posté sur Strictement-Confidentiel en octobre 2010. Enjoy again !

Vous n’allez pas me croire, mais pourtant, il existe des publicités que j’aime. Paradoxe suprême : parmi les pubs que j’aime, je place au plus haut celles qui furent réalisées pour des bagnoles. Enfin… pas des bagnoles, non, des voitures : Dodge, Cadillac, DeSoto, Plymouth, oui oui, toutes ces gigantesques pompes à pétrole que furent les carrosses ailés des années 1940 et 1950. Quant aux pubs en question, ce sont celles que de véritables artistes aux noms souvent oubliés réalisèrent au cours de ces années-là, du temps de Mad men, à une époque où l’affiche était un art graphique à part entière. Voilà quelques exemples, mais pour vous régaler vraiment les mirettes, allez explorer Plan.59.com, le site qui les recense de la façon la plus complète. Je vous assure que vous allez être éblouis.

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Re-chmodez Jimi Hendrix en rwx, please !

Durant quelques jours, j’ai donc disparu dans les méandres de l’informatique. Comme à chaque fois que ça m’arrive, j’ai du ré-apprivoiser des tas de trucs abscons causant de bande passante, de CPU, de PHP ou de CHMODs*, et extraire à bout de bras les quelques connaissances que j’en avais des tréfonds de ma cervelle, coincées qu’elles étaient sous le fatras coloré plus marrant qui y navigue habituellement.

Comme je suis une fille pratique, j’ai d’abord écumé les forums et les blogs du genre « Migrer un site les doigts dans l’nez », « Réinstaller WordPress sans devenir un serial killer » ou « Ne pas écrabouiller son ordi quand une « Fatal Error » pointe son museau ».  Avant de me décider à œuvrer, j’ai également suivi quelques open twitts concernant mon ancienne plateforme, histoire de voir si j’avais raison de me barrer (et j’ai eu raison, pour le moment du moins : pas qu’OVH soit devenu un mauvais hébergeur, loin de là, mais sa structure mutualisée est, depuis sept mois, pour le moins bordélique).

Bref, on s’en fout, vu que je résume tout ça pour parler de Jimi Hendrix, au bout du compte. Quel rapport ? En fait, il s’est avéré qu’au beau milieu de dizaines de twitts techniques concernant les développements futurs d’OVH, Octave, son jeune PDG, a lâché une note étonnante. En gros, ça disait : « Jimi Hendrix. Comment ce gars pouvait-il jouer comme ça il y a + de 50 ans ? »

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Anno 2013

Anno 1404, vue du port d’un joueur

En France, le gouvernement n’a pas augmenté les salaires, mais a trouvé bon d’augmenter taxes et impôts – au point que nous venons de repasser, sur ces questions, devant la Suède (qui elle, n’est pas en crise). En conséquence, la perte de l’outil de travail s’accélère, la consommation baisse, le soin est menacé, et m’est avis que les recettes des impôts vont diminuer. Je salue donc ce souci d’harmonisation européenne extrêmement ambitieux qui fait que le gouvernement découvre (avec surprise) que la crise s’aggrave chez nous, et fait que l’Allemagne découvre (avec surprise) ce que Roosevelt avait compris en son temps, et que tous les économistes de qualité (bis) prédisent depuis 2008, soit :

Quand partenaire économique de toi perdre ses industries et ses consommateurs, toi plus pouvoir vendre à lui tes machins, et toi commencer à te ronger les ongles. (Ça bête, hein ? Bah voui.)

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