Tout se mérite !

« Bois sans soif », le premier roman de François Perrin, est enfin sorti. Inutile de vous préciser que je me suis ruée dessus et que j’ai déjà commencé à le humer, ainsi qu’on le fait d’un grand cru. D’abord parce que j’aime François Perrin depuis qu’on s’est rencontrés – virtuellement, puis en vrai – il y a six ans, époque où j’ai commencé à le lire sur le web, puis sur Strictement-Confidentiel. Ensuite parce que j’adore faire du copinage quand mes grands copains (on ne dit plus « amis » depuis FB, c’est dévoyé à donf’) ont du talent. Et lui, il en a un paquet, d’ailleurs Jaenada le dit lui-même très joliment en préface, et Jaenada, c’est pas rien, je te prie de le croire.

« Bois sans soif » (Editions rue Fromentin), ou la vocation du zinc, devant, parfois dessous, et surtout derrière. (PS : Je ne sais pas pourquoi, d’autant que je n’ai pas encore lu le livre, mais je ne peux m’empêcher, soudain, de penser à Jacques Perret et à son « Vent dans les voiles », géniale et si drôle histoire de bar devenu navire une fois baissé le rideau d’acier… Perrin, Perret… Bizarre, bizarre, non ? … Vive le vent.)

Deuxième bouffée d’air pur : le dernier Voutch. Ce n’est pas un copain, je ne l’ai jamais rencontré, mais j’adore Voutch. Pas seulement pour son humour, mais aussi pour la beauté de ses gouaches et ses merveilleux décors. Je passerais des heures à m’en gaver, de ces décors. L’un d’entre eux évoque d’ailleurs très, très bien le plateau d’une émission que François Perrin connaît bien – et paf, j’illustre. Ah oui, aussi : ce superbe album se nomme « Tout se mérite » (Cherche-Midi), donc voilà d’où, et voilà comment est-ce que et comment ça se, oui, vous avez compris.

– Mais ne prenez-vous pas des risques considérables, cher Jean-Gérald, en vous positionnant aussi résolument à la pointe de l’avant-garde du suivisme ?

Voutch, extrait de « Tout se mérite », Cherche Midi

Ma débauche d’achats de pas-Nowell s’est poursuivie avec « Delirium » (Les Arènes), l’autoportrait de Philippe Druillet (avec David Alliot). Ce n’est pas du copinage, là, c’est de la nostalgie et de l’admiration mêlée. Il n’empêche : je revois encore Druillet, assis en tailleur, il y a plus de trois décennies, dans le salon de mes parents, tentant d’échanger avec Gotlib, assis face à lui, le jeune Dionnet contre une bouteille de whisky. (Je crois me souvenir que les pourparlers n’aboutirent pas, malgré des encouragements hilares.)

Enfin, j’ai posé une main fébrile sur « L’Onde Septimus » (Blake et Mortimer), de Dufaux, Aubin et Schréder. La Marque Jaune, de retour ? Chouette ! Le dessin est formid’, j’ai hâte.

21 réflexions au sujet de « Tout se mérite ! »

  1. Si j’avais des sous, je m’achèterais bien un original de Voutch…

    Non.
    Soyons positifs.
    QUAND j’aurai des sous, vers 95 ans et des poussières, je m’achèterai un original de Voutch (s’il est encore de ce monde, parce que sinon, il faudra que j’attende d’être millionnaire, et donc d’avoir pas loin de 145 ans. Et des poussières.)

    1. (Ceci en partant du principe, actuellement sérieusement battu en brèche, hélas, que les choses matérielles s’améliorent avec le temps.)

      (Je crois que j’ai un peu trop positivé sur ce coup, donc.)

    2. (Parce que parti comme c’est, il est plus que probable qu’à 95 ans et des poussières, je dormirai dans ma voiture… non, on n’aura plus de voiture. Dans ma charrette à bras, sous un pont (à condition qu’il y ait encore de la place) après avoir gagné un bol de soupe en travaillant comme caissière de péage le matin, balayeuse à midi, et ramasseuse de déchets radioactifs le soir.)

      (M.rde. Là je retombe dans le super-négatif.)

  2. Bof ,Soph…..dans le fond plutôt que d’avoir un original de Voutch ne vaut il pas mieux que Voutch reste original? Je dis çà pour relancer tes élans…Bon, je me dépêche de prendre mon mobile, joindre Mortimer sur les ondes pour avoir un exemplaire au Blake…Je suis le septimus sur la liste de la tante!!!!!!!

    1. On est aux pièces, tous autant qu’on est. (Tu n’as pas vu la soirée Arte sur 1914, hier ? C’était vachement bien. En fait, rien n’a vraiment beaucoup changé, depuis. Et Fantômas est toujours partout.)

  3. Moi-prez fait finalement comme tous les rois, les princes, les présidents, les patrons, les préfets, les bourgeois de tous les temps : la Régulière à la popote, et la Maîtresse qu’on rejoint la nuit, à la sauvette. Si c’est pas de la normalité bien nase, ça…
    (Mais franchement, entre les quenelles de l’un et la quenelle de l’autre, j’ai une grosse, grosse indigestion de bas-de-gamme, perso.)

  4. Ne faisons pas un plat de ces mauvaises boulettes….Je te recommande les quenelles de brochet lyonnaises qui te resteront en mémoire d’outre dombe suivi d’un chateaubriand rôti à cœur… Le tout arrosé de vins de Loire mais chers!!

  5. Oh, comme c’est amusant : les crétins qui nous gouvernent sont en train de s’apercevoir, au vu des recettes fiscales en berne, qu’on n’a plus de thunes, et que trop d’impôt tue l’impôt (et le boulot).
    C’est juste une règle de base de l’économie, hein (la vraie, pas celle des prix Nobel néo-cons). Au fait, il était pas prof d’économie, Hollande, dans une autre vie ?

    1. Yes ! Je vais aller te lire dès que possible ! :)
      Oui, c’était très très sympa, cette soirée. (On recommencera, sûr, et pas dans deux ans, hahaha !)

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